Des roches gravées arawak à l'embarcadère des Saintes : deux visages de Trois-Rivières
Le Parc archéologique des Roches Gravées, propriété du Conseil départemental, est l'un des plus beaux sites d'art rupestre de la Guadeloupe et des Antilles. Classé monument historique le 26 février 1974 et inauguré le 28 juin 1975 par la Société d'Histoire de la Guadeloupe, le site est confié au Département en 1981, qui en assure depuis la gestion et l'ouverture au public. Installé dans un amphithéâtre naturel formé par une falaise d'anciennes coulées de lave andésitique, il rassemble sur plus d'un hectare 22 roches présentant plus de 230 gravures, isolées ou groupées en « panneaux » — dont deux visages plus élaborés surnommés le « cacique » et le « sorcier » par leurs découvreurs. Par comparaison avec des motifs peints sur céramique, ces gravures sont datées de la période saladoide (IIIe-VIe siècle apr. J.-C.) ; leur première mention écrite connue remonte à 1848 (F. Langin).
Fondée en 1645 après l'installation des premiers colons dès 1640, la paroisse de Trois-Rivières devient, grâce à un sol fertile et des eaux abondantes, l'un des quartiers prisés de l'aristocratie créole. Manioc, ignames, coton, café, tabac, indigo et cacao sont d'abord cultivés, avant que la canne à sucre ne s'impose comme culture dominante, actionnant jusqu'à dix moulins à eau et deux moulins à bêtes. La culture sucrière fait la fortune de quelques familles jusque vers 1865, année où elle cède progressivement la place à la banane. Des anciennes habitations subsistent aujourd'hui des ruines de batteries, sucreries, distilleries et cachots d'esclaves.
Aujourd'hui, Trois-Rivières reste le point de passage obligé vers Les Saintes, dont l'embarcadère assure la liaison la plus rapide depuis la Guadeloupe continentale.